Axes des propositions / Inscription

On ne saurait circonscrire 1968 aux barricades de la rue Gay-Lussac et du Boulevard Saint-Michel de la nuit du 10 au 11 mai, pas plus qu’à un simple mouvement de contestation étudiant ou générationnel. Si le mouvement de mai-juin 68 représente, en France, la plus grande grève de l’histoire du mouvement ouvrier occidental, il déborde largement les frontières nationales et continentales et « court-circuite » le monde tel qu’il semblait exister depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la division de la planète en deux blocs. S’inaugurant avec l’offensive du Têt, pour le Nouvel-An vietnamien, 1968 parcourt et secoue la planète, d’Ouest en Est, en passant par le Sud et le Nord, des campus de Berkeley aux rues de Prague, de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, jusqu’à Santiago du Chili. Symboliquement, « 68 » est marqué par un cycle de contestation sociale et politique qui remet en cause autant le capitalisme des Trente Glorieuses, tel qu’il est décliné à échelle globale, que le socialisme réellement existant.

L’abondante bibliographie qui a analysé le mouvement le place, pour ce qui concerne l’Hexagone, dans une perspective qui le situe souvent comme centre de l’extension européenne de la « contestation » et, selon les points de vue, comme source de désordres ou, à l’inverse, pour les progressistes notamment, comme un simple mouvement anti-autoritaire voire un simple désaccord générationnel. Toutefois, on constate que les lectures dominantes cherchent à évacuer de cette année symbolique et charnière pour la seconde moitié du XX°, ce qui en fait sa nature, à savoir sa dimension d’insubordination anti-systémique, qu’elle soit sociale, ouvrière ou géopolitique. En ce sens, les Amériques et la Caraïbe représentent des aires qui se retrouvent traversées et interconnectées par les enjeux majeurs posés par le « mouvement 1968 » annonciateur d’un cycle en gestation ou qui éclate à partir de cette date.

 A l’aune du feuilletage de lectures souvent dissensuelles et parfois radicalement opposées qui caractérisent les « anniversaires décennaux » de l’année 1968, 2018 est l’occasion de confronter l’état de la recherche portant sur cette période. S’inscrivant dans la suite d’une première Journée d’Etude sur les années 1960 en Amérique latine organisée à Rennes 2, en mai 2017, avec, notamment, le soutien de l’IdA-Rennes, ce Colloque a donc pour but de tracer des liens entre les multiples configurations sociales, politiques, théoriques et artistiques qui ont caractérisé la vague soixante-huitarde en élargissant l’objet d’étude aux Amériques et à la Caraïbe. Son approche se veut ainsi résolument comparatiste, transaméricaine et interdisciplinaire. Les organisateur-trice-s entendent favoriser les approches pluridisciplinaires et mettre en lien les aires géo-culturelles, de façon à insister sur les transversalités, les échanges et les parallélismes dont l’année 1968 est porteuse. Des communications, ateliers thématiques pourront être proposés autour des axes listés ci-dessous, de façon non-exhaustive : le Colloque International « 1968 dans les Amériques et la Caraïbe » se donne pour objectif de s’intéresser spécifiquement à l’année 1968 et à ses effets, en embrassant largement l’aire caribéenne ainsi que nord, méso et sud-Américaine.

Les organisateur-trice-s entendent favoriser les approches pluridisciplinaires et mettre en lien les aires géo-culturelles, de façon à insister sur les transversalités, les échanges, les transferts culturels et politiques ainsi que les parallélismes dont l’année 1968 est porteuse. Des communications, ateliers ou workshops thématiques pourront être proposés autour des axes suivants listés de façon non-exhaustive. Nous proposons de décliner l’année 1968 à l’aune de plusieurs prismes, lectures et présentations issus des champs d’investigations suivants : Littérature, Arts (arts visuels, cinéma, musique), Archives et Manuscrits, Histoire, Sciences Politiques et Sociologie. Le colloque est largement ouvert aux approches transdisciplinaires et à celles qui intègrent l'« informatique », dans une perspective dite des « humanités numériques ».

Les axes de réflexion suggérés sont les suivants :

A- Internationalismes

*Solidarités internationales

*Discordances et ruptures

* Les « Mais » en échos : « mai français » dans les Amériques, « mai » latino-américain en Europe

B- Contestations et droits

*Afro-américanité(s)

*Féminismes transaméricain(s) ?

*Revendications autochtones, indigènes, émancipation et luttes d’indépendance

* Premières contestations environnementales 

C- Figures de la révolte

*Les étudiants transforment le monde

*Jeunesse et Contre-culture

*La révolution dans et sur les corps

D- Révolutions et revers de la révolution 

*Contre-révolution et doctrine de sécurité nationale

*Radicalités, canalisations gouvernementales de la contestation

*Emeutes, riots, revueltas, guérillas et luttes armées : violence et modalités de l’affrontement

*Églises et révolutions dans les Amériques et la Caraïbe

*La « nouvelle gauche » et 1968 

E- Insubordinations ouvrières

*Situations d’usine : la révolution sur la chaîne

*Le syndicalisme et 68

*Ouvrier, masse et nouvelles figures prolétariennes

 

 

Les propositions (rédigées en français, anglais, espagnol ou portugais) devront être déposées sur le site https://colloque1968.sciencesconf.org avant le 30-06-2018
 

Date d'envoi des résumés de 15 à 20 lignes:

Avant le 30-06-2018

Notifications (acceptation ou refus) avant le 30-06-2018

Frais d'inscriptions au colloque en cas d'acceptation de la proposition :

Chercheur/e : 80€ (si paiement avant le 10-07-2018)

Etudiant/e, Doctorant/e : 30€ (si paiement avant le 10-07-2018)

 

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